Et bien voilà, on y va. Il est 10h30, nous sommes devant l’agence et nous chargeons nos gros sacs sur le toit du 4 X 4. Notre guide du jour se prénomme Alejandro. Pour compléter notre voiture, le plus jeune des 3 jeunes bretons rencontrés hier, se joint à nous. Olivier, 23 ans, breton et marin accompli, vient de finir l’ESC La Rochelle et va réaliser son stage de fin de cycle à Arequipa, au Pérou. Dans l’autre 4 x 4, sa sœur Marielle et son conjoint Hugo, 29 ans tous les deux… et architectes tous les 2 se sont expatriés pendant une année à Santiago, au Chili. L’appel de la mer ou de la terre natale les rappelle. Ils rentreront à Nantes en fin d’année.

C’est parti, nous quittons Uyuni, village étape du dernier Dakar en janvier dernier, et nous sommes tout de suite sur les pistes. 1ère halte après 15mn de piste au cimetière des trains….

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On repart après quelques photos. L’horizon est plat. Tout plat. Une ou deux petites montagnes au loin, très loin car ce sont en réalité des volcans toujours en activité pour certains. Ils culminent tous à plus de 5 000m et nous, nous sommes à 3 660m.

Après ½ de route l’horizon devient blanc… tout blanc ! Le sel forme des figures géométriques, tantôt hexagones, tantôt octogones. Il s’agit en fait de légères excroissances qui permettent à l’eau en sous sol de s’évaporer… et de laisser en surface cette épaisse croûte de sel. Même si l’épaisseur du sel est en moyenne de 30 cm, par endroit, la couche de sel peut atteindre jusqu’à 150m !! Lorsqu’on marche, le sel craque sous nos pieds. Si l’on court, on a l’impression que le sol est tendre sur les premiers centimètres et amortit notre foulée.

En plein désert, Alejandro nous arrête au même niveau que l’autre 4 x 4 conduit par Tito et rempli de 6 français. Marielle et Hugo, un couple de jeune lillois et 2 étudiantes en médecine de Lyon. Séances clichés insolites en plein désert, et sans trucage… on vous en offre quelques uns !

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Après une photo de groupe, nous repartons. Direction l’Isla Inca Huasi. Au milieu du grand rien, surgit une île volcanique où sont plantées des centaines de cactus.  Nous nous arrêtons et prenons un petit chemin dans ces roches volcaniques granuleuses et de couleur beige rosé.  En prenant un peu d’altitude, le contraste entre ces roches et les cactus variant dans les teintes de vert et en fond, le désert blanc qui à l’horizon se confond avec le ciel azur… c’est juste magique. Féérique. Surnaturel. Lovely Planet me dit : « Je n’ai jamais rien vu d’aussi chouette ». Et lorsqu’on sait que ces cactus poussent en moyenne de 1cm par an et que certains dépassent les 6m, ça nous donne des cactus de 600 ans !!

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A 16h, nous reprenons la piste. Personne à l’horizon. Pas de piste balisée, juste ces formes géométriques à perte de vue. De la banquette, en voyant ce décor défilé à toute allure, je m’imagine un instant pilotant une voiture du Dakar. On s’y croirait. La voiture, un Toyota Land Cruiser, avec compteur bloqué à plus de 284 000 kms et ne fonctionnant plus nous indique qu’il a déjà avalé un bon paquet de milliers de kilomètres. La route était confortable jusqu’à 17h30 car le sol amortissait toutes les micros secousses. J’étais bien pour vous raconter car le Mac tremblait peu sur mes genoux. Depuis, c’est bien différent. Nous roulons en bordure du Salar au pied d’une petite chaine montagneuse, toute en longueur et peu élevée. Le désert de sel a laissé place à une piste ouvragée par la main de l’homme et surélevée d’un mètre par rapport au désert, afin de permettre un accès même lorsque le Salar est détrempé en janvier et février. Le revêtement en pierres concassées provenant de la montagne n’offre pas le même confort de route. On ressent bien les probables 400 000 kms du Land Cruiser. Vous écrire devient moins facile. Petit passage trialisant lors d’un croisement de pistes. Rebelote pour le franchissement des 2 petits cours d’eau. Soudain, entre quelques arbustes, nous franchissons des congères de sable gris. C’est vraiment le Dakar en mode ralenti. Génial. Les garçons s’interrogent sur le passage de cette bosse, de cet obstacle… c’est l’éclate !

Le soleil se couche derrière la montagne, il est 17h50. Nous nous en écartons sensiblement et la piste redevient plus plane. A l’intérieur du Toyota, il fait bon. Lovely nous lit les infos du Lonely Planet et du routard pour nous cultiver. Alejandro a allumé son autoradio… une musique bolivienne. L’atmosphère intérieure est un peu chargée par l’haleine d’Alejandro qui mastique des feuilles de coca depuis ce matin… mais, à la longue, on s’y fait.

Chaque nuage dans le ciel prend des couleurs sublimes, des dégradés de rose et d’orangé. Le ciel devient un spectacle à lui tout seul.

Un petit panneau planté là indique que San Juan est à 15 kms. C’est notre destination pour la première nuit. A priori, un dortoir de 6 personnes nous attend avec de l’électricité pour recharger l’appareil photo et le Mac. Par contre, pas de chauffage et pas de réseau internet. Je vous en dirai donc davantage sur l’hôtel et la nuit dans mon billet de demain…Hasta luego !

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