Dimanche 23 novembre – Sur une chaise longue au bord de la piscine de l’hôtel. J-26

Il est 16h30. Nous sommes de retour assez tôt à l’hôtel après avoir passé une excellente journée, bien remplie et surtout enrichie par la découverte - enfin -  du picot kanak, le délicieux poisson, appelé aussi ici le Munun ! Depuis que nous sommes passés à la télévision, le personnel de l’hôtel nous appelle Mr et Mme Munun !

Tout a commencé ce matin par un coup de fil au centre de plongée où nous avions réservé une plongée en famille pour 8h30 mais la météo était pluvieuse au lever du jour et notre sortie est reportée à mardi matin, même heure.

J’avais réussi, ce matin à 6h30, à publier nos deux papiers d’hier et après le petit déjeuner, nous en avons profité pour remonter vers le nord, à Hnathalo, où une célébration avait lieu dans une église catholique. Les habitants de Lifou sont majoritairement protestants et il y davantage de temples que d’églises dans les tribus mais en ce dernier dimanche de l’année liturgique, une grande messe est célébrée. Lorsque nous arrivons, la messe vient de commencer et comme la toiture de l’église locale, bâtie en 1883, est en réfection, la célébration a visiblement lieu dans la salle commune qui la jouxte. Elle est bondée et de nombreuses familles sont assises sur le perron couvert. En nous approchant à grands pas, nous entendons le son des chants qui résonne jusqu’à nous. Nous nous intégrons à l’assemblée en restant à l’extérieur, sous la partie couverte. Plus de femmes que d’hommes et beaucoup d’enfants aussi. Ils occupent les premiers rangs de cette salle aménagée. Il n’y a pas de banc mais des nattes tapissent le sol et tous les chrétiens sont assis, la plupart pieds nus. Les femmes sont vêtues de leurs robes colorées, les robes « mission », et certains hommes et femmes portent des décorations de fleurs sur la tête ou autour du cou. Après un rapide coup d’œil, nous nous apercevons que nous sommes les seuls blancs présents. Nous tentons d’adapter nos habitudes à celles des chrétiens de Hnathalo et essayons de participer aux chants en Lifou. L’homélie spontanée du diacre, tantôt en Français, tantôt en Lifou, est pleine de simplicités et de vérités. La quête du bonheur total est si vraie qu’une atmosphère toute particulière se dégage de cet endroit. Et que dire des chants repris par toute l’assemblée et que les jeunes chantent avec leurs cœurs. Les mamans qui s’occupent de l’animation tapent dans leurs mains et entrainent toute l’assemblée. Il y a de la joie ce matin dans l’église d’Hnathalo… et c’est beau de partager cela avec eux. A la fin de la messe, les jeunes du club de foot apportent un carton remplit de leurs nouveaux maillots. Ils seront bénis par le diacre… nous ne sommes pas dans l’île de Christian Karembeu pour rien !

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Après la messe, nous profitons d’être à Hnathalo pour aller visiter la Grande Case, le plus grande case traditionnelle où se rassemble les différentes tribus du district de Wetr.

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Puis direction l’extrême nord de Lifou pour aller admirer les somptueuses falaises de Jokin, hautes de 40 mètres. Du promontoire sur lequel nous nous stationnons, la vue est déjà très belle entre les pins colonnaires…

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… mais lorsque nous prenons le petit escalier qui nous permet de rejoindre la mer… waouh !

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L’eau est si limpide que nous distinguons à l’œil nu les coraux et les poissons perroquets multicolores. La petite baie est entourée d’immenses falaises et aucun de nous ne peut résister à quelques plongeons immédiats.

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Ces falaises sont d’anciens récifs coralliens qui ont émergé de la surface de la mer à cause du glissement de la plaque xxx, sur laquelle se trouve Lifou, sous la plaque du Vanuatu. Ce glissement a ainsi provoqué un soulèvement de ces anciens récifs. C’est la mer qui, aux différentes périodes de soulèvement, à érodée les falaises, créant ainsi des grottes aujourd’hui partiellement refermées par les stalactites et les stalagmites qui se sont rejoints, formant d’immenses colonnes de calcaire.

Nous resterons dans cette petite anse abritée près de 2 heures à explorer les fonds marins intacts. Les patates sont recouvertes de coraux bleu, vert ou violet et en nageant au large, le fond, entre 3 et 6 mètres de profondeur à proximité des falaises, plonge soudainement à plusieurs dizaines de mètres. C’est le grand bleu. Et nous ne sommes pas trop rassurés d’aller au delà. Lors de cette sortie, nous avons découvert de nouvelles espèces de poissons que nous n’avions encore jamais vues. Notamment des poissons proches du poisson chirurgien, presque tout noir avec une étrange trace horizontale orange au delà des branchies. Il y en avait beaucoup. Un poisson qui semble se promener en famille. En remontant sur le récif, nous interrogerons deux jeunes filles de la tribu de Jokin, deux sœurs, Tania et Fanny sur le nom de ce poisson noir. Avec sa trace orange, il ressemble à un guerrier qui se serait badigeonné le visage, tel un guerrier. Elles nous répondront : « Ah, celui-là, c’est le picot kanak !! ». Ca y est ! Nous le tenons ce picot kanak que nous cherchions depuis si longtemps !

Nous avons longtemps discutés avec Fanny et Tania qui vient de terminer les examens de son bac et va venir faire un License d’espagnol à Toulouse… éloignée de sa famille pendant 3 ans. Vous imaginez bien qu’elle est déjà conviée à Combloux pour venir découvrir la neige, son rêve…

A 13 heures, nous quittons Jokin pour aller déjeuner chez Guillaume, un ancien légionnaire de Lifou et garde du corps présidentiel, aujourd’hui reconverti. Nous y passerons un excellent moment et n’en repartirons qu’à14h30 pour passer une tête au centre de plongée pour confirmer notre sortie de mardi matin.

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Dans la voiture, la'ambiance est au beau fixe !

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Demain, nous avons rendez-vous à 8 heures 30 avec Sandrine, l’infirmière de Grenoble, pour aller passer la journée sur le site d’Easo et la Baie de Jinek… avec nos masques et tubas !! Encore un beau spectacle en perspective.

Nous vous souhaitons un bon dimanche ! 

Victorinox