Jeudi 28 août – Sur la terrasse de notre petite maison jaune à Mission Beach.

Départ de Cardwell et de notre petit motel face à la plage à 10 heures ce matin. Comme hier, le temps aujourd’hui est radieux. Pas un nuage à l’horizon et déjà 25°.

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Les chutes de Murray Falls, spot conseillé hier par Benjamin et Annabelle, sont à moins d’une heure de Cardwell et finalement, nous y accédons facilement par une petite route non indiquée sur le GPS, une petite route qui se termine en piste. La Passat ne valant pas le Duster argentin, nous roulons prudemment.

La destination finale de la route laisse place à un cadre féérique pour le camping. Une vaste aire plane, tapissée d’herbes sous les hauts eucalyptus abritant de larges espaces pour les vans et caravanes. Seulement quatre ou cinq pensionnaires sont là. Si nous avions eu notre camping car pour cette partie de notre parcours en Australie, c’est certain, nous serions restés ici pour la nuit.

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Comme d’habitude, les équipements sont complets dans ce petit coin de paradis pourtant absolument isolé. Toilettes et douches publiques très propres, tables, sentiers équipés, barbecue sur chaque emplacement de camping, le tout parfaitement entretenu par les services techniques de la municipalité. Nous suivons le petit sentier qui mène au point de vue le plus proche de la chute principale. Si la chute est beaucoup moins imposante que celle d’hier, il n’en demeure pas moins que son cadre est encore plus esthétique. A sa retombée, la chute a creusé une énorme baignoire dans le granit. Et les bassins se succèdent les uns après les autres. Ils sont reliés entre eux par des « toboggans » d’eau, eux aussi sculptés dans le granit. Quelques énormes blocs ronds parsèment le lit de la rivière. L’eau cristalline qui y coule prend ici tout son sens. De surcroît, sa température, de l’ordre de 20°, nous semble agréable.

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Impossible de résister à un bain. Maintenant. Immédiatement. Nous quittons le point de vue où la baignade est interdite et rejoignons les deux aires où le bain est autorisé. En bordure du chemin, nous croisons un serpent qui se dore au soleil…

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Arrivés sur l’aire de baignade, les garçons se changent à toute vitesse au bord du cours d’eau et s’immergent avec la même rapidité ! Ils rejoignent très vite l’autre berge où une corde est suspendue à un eucalyptus, surplombant un trou d’eau. Il ne trainent pas à la tester pendant que "BG" fera du toboggan entre deux bassins. Puis les rôles s’inversent.

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Nous jouerons ici près de deux heures. Et le réseau étant bon ici, j'en profite pour vous joindre 2 courtes vidéos…

 

Finalement, nous finirons par prendre une petite bière sur place… et même pique-niquer. El Gringo décide qu’il ferait bien construire une petite maison ici...

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Il faut maintenant partir et nous rejoignons la Passat vers 13h30. Nous rebroussons chemin sur une vingtaine de kilomètres et rejoignons la grande route. Nous prenons à droite, toujours en direction du Nord, et roulons moins d’une heure pour atteindre Mission Beach.

Après un petit passage sur la plage bordée de cocotiers, nous nous renseignons sur les 2 superbes hôtels qui donnent sur la plage. Le prix est au-dessus de notre budget et nous nous dirigeons à pied vers une petite agence de location de maisons. Nous avons bien fait car, après discussion, nous obtiendrons une magnifique petite maison à un prix « last minute ». Elle n’est pas en front de mer mais ça tombe bien car le temps est venté aujourd’hui. Un vent fort qui vient du large. Non, elle est à 800m de la plage, au bord de la « rain forest », dans un parc absolument magique. Une piscine est entourée de petits étangs où poussent une multitude de petites fleurs aquatiques de toutes les couleurs et des nénuphars. La maison est jaune. Une petite maison au fond du jardin mais avec un grand confort et une superbe terrasse couverte. En la visitant, nous imaginons déjà notre petit diner aux chandelles… Nous testons le wifi (qui est une vraie galère dans ce pays) et c’est oui, tout de suite ! Nous décidons de la prendre. Aller-retour à l’agence pour valider la location pour au moins deux nuits - mais déjà trois dans nos têtes !

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A peine les bagages déchargés, les garçons se jetteront à l’eau pour la seconde fois aujourd’hui et après la piscine, ils iront s’aventurer seuls dans la « rain forest » qui borde la propriété. Nous sommes en effet ici à l’extrême nord du Queensland, au cœur de la zone des Wet Tropics qui, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, recèle d’étonnantes poches de biodiversité. Du littoral jusqu’à l’arrière pays, les Wet Tropics couvrent de nombreux marais, mangroves, bois d’eucalyptus et forêts tropicales humides… comme celle qui s’étend derrière la maison.

Ce sont coiffés de leur chapeau de brousse acheté pour la jungle bolivienne qu’ils prennent le sentier qui mène à une cabane d’observation des animaux. En effet, nous sommes ici dans une zone de protection des casoars.

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C’est une espèce d’oiseaux que l’on ne trouve que dans l’Est de l’Australie et en Nouvelle-Guinée. Le casoar à casque est un très grand oiseau d'environ 1,50 à 1,80 m, pouvant peser jusqu'à 75 kg. Il a un plumage ressemblant à une chevelure, noire et rêche, avec un étonnant casque vert brun qui surplombe la tête, un cou et une face bleue et une nuque verte avec deux caroncules rouges qui pendent sous le cou. Ses pattes sont grosses et puissantes, terminées par trois doigts et le doigt intérieur porte une griffe a priori aussi dangereuse qu'un poignard.

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Lors de la venue en France de la reine Victoria en 1855, l’empereur Napoléon III a fait porter les couleurs de la maison de cette reine aux Saint-Cyriens qui défilaient devant elle. Un plumet blanc et rouge orne désormais le shako des élèves de l’école militaire de Saint-Cyr. Le surnom de Casoar lui a alors été donné car cet événement coïncidait avec l’arrivée d'un de ces oiseaux à casque au Jardin d’acclimatation de Paris. Par la suite le « casoar » est devenu la marque réglementaire du Saint-Cyrien. Et pourtant. Et pourtant, c’est la femelle qui est dominante dans cette espèce !! La femelle est d’ailleurs plus grosse, avec un casque plus haut et des parties dénudées plus colorées. C'est elle qui choisit le mâle avec lequel elle s'accouplera. Si deux animaux se rencontrent, c’est encore le mâle qui se retirera devant une femelle. C'est le mâle qui construit le nid, sur le sol, dans lequel la femelle pond 4 œufs. Mais la femelle s'en ira aussitôt après, éventuellement pour s'accoupler avec un autre mâle qu'elle choisira (!!). Et c’est le mâle qui va couver les œufs et élever les petits pendant une année au moins.

Voilà, maintenant vous savez tout ou presque sur le casoar mais les garçons souhaitent absolument en observer un. Ce sera une mission ardue car il est solitaire et difficile à apercevoir. Cette cabane est le meilleur lieu d’observation. Dommage qu’elle soit aussi habitée par tant de grosses araignées velues qui finiront par les dissuader d’y séjourner trop longtemps. Ils finiront par revenir mettre à jour leurs carnets au bord de la piscine.

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A la nuit tombée, nous profiterons du très bon réseau pour quelques conversations Skype et préparerons le diner aux chandelles que nous avions imaginé… pour fêter la Saint-Augustin ! Nous avons acheté de l’Apérol, du Prosecco, de l’eau gazeuse, une orange et je me tente à rivaliser avec Georges ou Charles-Henri du Café Noir à Noirmoutier pour offrir à ma Lovely un Spritz… ma foi pas si mal que ça !

La soirée sera très réussie, nous allons maintenant nous coucher, bercés par les bruits des animaux de la forêt qui entourent notre maison et par le croassement des grenouilles…

Victorinox