Sucre (prononcez Soucré s’il vous plaît) est une ville qui nous a séduit. D’abord parce qu’elle représente une ville « repos » dans notre périple, mais aussi parce qu’ici, à 2 750 m d’altitude, après les rigueurs de l’Altiplano et l’humidité de la jungle amazonienne, nous trouvons le refuge dont nous avions besoin. La douceur de son climat, son art baroque, ses édifices et églises immaculés, son « mercado central » animé et puis tout simplement sa propreté, ses trottoirs larges et son aspect de cité moderne et dynamique place Sucre comme la ville que nous préfèrerons sans aucun doute au terme de notre traversée de la Bolivie.

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En 1991, Sucre devient patrimoine de l'Humanité à l'UNESCO. Depuis, des milliers de touristes sont attirés chaque année ici. Sucre, qui compte près de 300 000 habitants, est devenue une ville universitaire importante et elle héberge de nombreux cabinets d'avocats et de notaires, en raison notamment de sa qualité de siège de la Cour Suprême bolivienne. En effet, Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie… et non La Paz ! Nous aurons même appris qu’elle représente le berceau d’opposition au gouvernement socialiste de Evo Morales, le président bolivien.

Nous sommes donc arrivés à Sucre vendredi après-midi en avion. Un petit taxi nous a amené en ville… original il était celui-là avec son volant et ses pédales à gauche alors qu’il a été conçu pour une conduite à droite !

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Mais nous arriverons tout de même à bon port dans le superbe petit hôtel trouvé par LP… un hôtel qui n’était répertorié ni dans le guide Lonely Planet, ni dans le guide du Routard mais vraiment « topissime ». Nous allons d’ailleurs faire un petit mail au Routard pour en vanter les mérites !

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L’entrée par une discrète petite porte sur la façade donnant sur le trottoir ne laisse pas imaginer que derrière se cachent plusieurs petites habitations imbriquées les unes dans les autres et reliées par une simple allée. 15 chambres mais surtout, au bout de l’allée, se cache un superbe jardinet intérieur avec des tables et une petite cuisine simplement équipée qui nous permettent de prendre le petit déjeuner le matin au soleil. C’est d’ailleurs de cette petite table que je vous écris.

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La gazinière, le réfrigérateur, tous les ustensiles de cuisine et les couverts rangés dans des placards colorés nous décident à organiser, dimanche midi, un déjeuner « comme à la maison ». La mission du jour est donc de faire les courses. Direction le « mercado central » qui est ouvert tous les jours, y compris le dimanche. Un marché couvert sur 2 niveaux avec des patios à ciel ouvert. Il y a énormément d’étals, de toutes sortes et de toutes tailles. Le marché est organisé par thèmes. Les zones pour les fruits et légumes avec des montagnes de produits toujours parfaitement rangés en pyramides multicolores, les étals pour la « carne » (viande) et le « pollo » (poulet) sont en fait de petites échoppes blanches, toutes identiques et numérotées où sont étalés des dizaines de poulets entiers avec à côté… les traditionnelles têtes de bœufs entières.

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Puis là, dans une petite allée étroite, quelques micro boutiques avec une devanture de moins de 1m où sont entassées toutes sortes de produits d’entretien de la maison et du corps et, au milieu de ce fourbi, une bolivienne qui attend le chaland. Sa voisine, avec le type de comptoir, est spécialisée dans les pâtes et produits secs. Bref, il y a de tout… et pour vraiment pas cher !

On commence nos emplettes et on achète du pain (presque comme le notre), des avocats, tomates, concombres, petits oignons blancs, basilic, 3 œufs, des bananes, pommes, kiwis, mandarines et citrons verts pour préparer une salade de fruits et même des cacahuètes encore dans leur coque pour accompagner l’apéritif que l’on imagine déjà dans le jardinet.

 

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Nous nous arrêtons un instant dans la zone dédiée au jus et salades de fruits. Une dizaine de stands desquels les boliviennes nous hèlent pour que nous choisissions leurs « jugos » (jus). Tous les fruits frais amassés devant leurs comptoirs attendent votre commande pour passer au mixeur. Nous choisissons un stand tenu par une bolivienne plus souriante encore que les autres, nous commandons nos jus… banane, fraise et orange. Nous nous asseyons sur les petits tabourets verts du stand et quelques minutes après, nous dégusterons nos jus préparés dans de grands verres… vous savez ces grands verres qu’on utilise dans certains restaurants chez nous pour servir les coupes de glaces) et tout ça pour… 40 centimes d’euro, c’est le prix de 2 malabars ! 

Juste à la sortie du mercado, nous tombons sur un petit étal de bracelets tissés faits main où il est même possible de le personnaliser. Nous décidons donc de passer une commande pour des bracelets portant l’adresse de notre blog. Chacun choisit sa couleur. Nous les aurons juste avant de partir pour… 0,5€ !

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Un petit passage à la superette sur le chemin du retour pour l’huile d’olive, le sel, des petites bouteilles de soda pour les garçons et surtout… une bonne bouteille de vin bolivien ! Nous choisissons la plus chère du rayon en nous disant que ce serait la meilleure et nous avons mis le gros de notre budget du jour en dépensant l’équivalent de 5,90€.

De retour à l’hôtel, tout le monde s’attèle à la tâche.

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Chacun sa mission. 30 mn après, tout est prêt. La table est mise sur une table abritée du soleil par une petite tonnelle. Les soirées sont plus fraîches mais la journée le soleil brûle ici. On peut passer à table… enfin à l’apéro !

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On se croirait presque chez nous. Nous avons même imaginé un instant que nous avions loué une petite maison avec jardinet et que nous étions en réalité en France. C’est bon aussi de se croire proche de chez soi alors que nous sommes si loin.

Nous avons passé un moment tellement agréable que nous décidons de renouveler l’opération pour le dîner. Nous nous promènerons tout l’après-midi dans Sucre, prendrons un minibus bondé pour nous rendre au terminal de bus et acheter nos billets pour Potosi. Le départ sera demain, lundi à 15h. Un trajet de 3h de bus qui se soldera par un billet à… 2€ !

Dans une petite boutique dans le quartier des fripes, nous achèterons un gros paquet de pâtes aux œufs à 10 bolivianos… à peine 1€. Nous dînerons le soir à la même table que le midi et finirons les petits gâteaux achetés le matin. Un diner fort sympa, partagé avec un jeune brésilien, docteur en économie et futur diplomate, qui venait d’arriver à l’hôtel et avec qui nous venions de regarder le match Portugal-USA dans la petite salle télé, pleine de charme, attenant au jardinet.

L’hôtel « CasArte Takubamba » restera dans nos mémoires avec un petit goût délicieusement sucré !

Victorinox