Je vous écris ce petit billet, peut-être encore sous le coup de l’émotion après 3 jours passés dans ce coin perdu, mais vraiment nous avons engrangé de belles émotions et de sacrés souvenirs. Nous sommes dans le bateau retour. Seuls avec René et le « capitaine ». Je suis à la proue du bateau.

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Je me retourne en disant à la tribu : « On la fait ce trip dans la jungle ! ». Les enfants ont le sourire, Charles était prêt à y habiter et Edith verse même une larme en pensant à René qui est à bord avec nous et que nous allons abandonner dans 3h30, à notre arrivée au point de départ, Rurrenabaque.

Revenons au mardi midi.

Après avoir déposé nos sacs dans notre bungalow et découvert l’environnement, nous partons déjeuner sur la grande table commune de la « Casa Grande » avec quelques étrangers, perdus, comme nous.

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Ca y est, nous partons avec René pour notre première excursion au cœur de la jungle.

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Nous sommes accompagnés par Mélanie, l’étudiante genevoise qui traduit les propos de René qui ne parle que le castillan. En quittant la « Casa Grande », nous sommes de suite au cœur de la jungle. Nous marcherons tout l’après midi sur un petit sentier le long duquel nous découvrirons en famille des singes capuccino, des singes araignées, verrons même les empreintes d’un jaguar.

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Tout est immense, les arbres, les fourmilières, les « casas » de termites, d’abeilles, de guêpes, les tarentules. René nous livrera les meilleures histoires qui lui sont arrivées lorsqu’il était enfant dans la jungle ou avec des touristes comme nous. Des histoires de serpents, de jaguars, de caïmans.

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Il nous parlera aussi de la flore qui nous entoure, des plantes médicinales et de leurs bienfaits. Les arbres qui contiennent de la quinine pour soigner la malaria, ceux qui permettent de guérir des problèmes gastriques ou encore ceux qui, toxiques, permettent de confectionner les flèches empoisonnées des sarbacanes pour la chasse. René nous fait tout cela avec gentillesse et talent. Les garçons écoutent. Charles et Mélanie nous traduisent. Tout l’après-midi, un tapir nous aura suivi. Les garçons l’auront adopté. Il ne nous quittera plus d’une semelle.

La première nuit, allongé sur le ventre dans mon lit, la tête dans mes mains posées sur mes coudes, je regardais au travers la moustiquaire. Je distinguais vaguement les formes des arbres grâce à l’éclat des étoiles extrêmement nombreuses ici. Les bruits font le reste. Comme un gamin, je me croyais dans le livre de la jungle. Des bruits qui m’auraient probablement fait frissonner à cet âge. Cette nuit, ils sont géniaux. Je chuchote à l’oreille d’Edith : « eh, Jane, tu entends comme moi !? ».

Tous les bruits sont là, puissants. Rien d’autre. Des bruits en stéréo qui nous sont inhabituels et étrangers. On imagine le monde qui vit là juste devant nous. Nous nous endormirons, comme Tarzan ou Mowgli…

Le lendemain matin, mercredi, nous sommes réveillés non pas par le coq mais par les singes hurleurs. De petits singes, qui a eux seuls, réveillent toute la jungle avec leurs cris très longs, très rauques et si puissants qu’on croyait qu’il s’agissait des rugissements du jaguar. Après un bon petit déjeuner à « la Casa Grande »  nous partons en forêt pendant 1h afin de rejoindre un autre lac de la réserve, « el lago Gringo »… tiens, tiens !

Explications tout au long du chemin sur la faune et la flore qui nous entoure. Chut, un singe par ci, chut un autre par là. Un pécari, un tapir et un petit cochon sauvage (dont j’ai perdu le nom) traverseront aussi devant nous.

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Puis arrivés sur la berge, nous prendrons une petite pirogue pour rejoindre l’autre rive du lac. Un pied à terre et René pousse quelques cris dont il a le secret et soudain 1, 2 puis 3 singes araignées arrivent, se jetant d’arbres en arbres. Ce sont des singes que la réserve a réintroduit après les avoir soigné un bon moment. Ils vivent en liberté et en totale autonomie mais ils sont « civilisés ». Ils connaissent bien René. Aussitôt, le premier prend Gogo par la main. Il entoure sa queue autour de son bras et l’emmène à quelques dizaines de mètres de nous. Gautier ne sait pas ce qu’il doit faire mais il est obligé de le suivre car il ne peut pas se défaire de la queue du singe qui le tracte… Nous éclatons de rire.

 

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Chacun passera un moment avec ces singes ravis d’avoir de l’affection. Un autre tapir de la réserve, une jeune femelle aurait fait chemin avec nous. Les garçons l’ont surnommé, Alberte. Elle nous suivra dans l’eau aussi, ayant trop peur de monter sur la pirogue… quoiqu’avec Augustin, elle y parviendra !

Tous les cinq dans ce petit coin de la jungle, nous passerons un moment très sympa avec ces 3 singes et Alberte.

Il faut rentrer à la « Casa Grande » car cet aprèm, après le déjeuner et la sieste dans un hamac à l’étage de la maison avec la vue sur le lac, nous devons partir en pirogue pour aller pêcher… les Piranhas !!

René a pris les lignes, un bon morceau de viande rouge et après 40mn de pagaie (quasi tout seul !), nous arrivons au bout du lac, là où ils sont les plus nombreux.

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Excellente partie de pêche, El Gringo gagnera avec le plus beau tableau de chasse. Pêche sportive seulement avec remise à l’eau… réserve naturelle oblige !

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Après le dîner, René nous propose de repartir en pirogue. Il fait nuit, le « BG » est bien fatigué mais il ne faut pas rater les caïmans. Avant, nous passons voir les tarentules qui sont sorties de leur « maison ». On se croirait dans un mauvais film d’épouvante. Elles sont velues, grosses et surtout répugnantes.

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Puis nous montons en silence dans la pirogue, allumons nos torches et scrutons les berges du lac. Nous avançons en silence avec malgré tout un peu d’appréhension !! Seuls au milieu du lac, avec au-dessus de nous des millions d’étoiles et en dessous peut-être des centaines de caïmans !

René nous explique que nous pouvons repérer les caïmans à la couleur jaune de leurs yeux qui se réfléchissent dans la lueur de nos torches. Nous pagayons sans faire de bruit, lentement, pour nous approcher au plus près sans les faire fuir. Nous en verrons plusieurs, des petits. Notre petit à nous, a un peu peur… l’environnement est certes hostile mais tellement féerique avec toutes ces étoiles qui se reflètent dans le lac. Tout est silence. Tout est noir… mais tout est tellement magique et unique.

Nous passons une nouvelle nuit dans « las cabanas » de la jungle avec les mêmes bruits que la veille… mais avec plus d’appréhension après ce spectacle nocturne.

Jeudi 19, à la lueur du jour, vers 5h15, les singes hurleurs se font à nouveau entendre… mais ce matin, c’est pour réveiller Augustin et lui annoncer que c’est aujourd’hui son anniversaire. Il a 13 ans ! Un anniversaire pas comme les autres. Son plus beau cadeau, c’est d’être là aujourd’hui, dans la jungle.

Il faut se lever, remettre les mêmes T-shirts à manches longues contre les moustiques que ceux que nous portons depuis 2 jours. Nous n’en n’avons tous qu’un seul et pas de Laundry ici. Ils sont encore moites de la veille. On serre les dents mais pas de chichi dans la jungle ! C’est reparti, après avoir avalé notre petit déjeuner. Une dernière traversée du lac en pirogue puis, sur l’autre berge, nous allons voir les singes « amarillo ». Dans la plantation destinée à la production des fruits du camp, René nous cueillera des pomelos. Nous sortons nos couteaux pour les éplucher puis les dégustons. Les meilleurs du monde ! « Trop bons » disent les garçons !

En chemin, nous sélectionnons et ramassons des graines de palmier. Grosses comme des noix, elles vont nous servir à réaliser des bagues pour les hommes et un collier pour Lovely Planet. Vers 10h, nous rentrons au camp. René nous sort sa trousse de petits outils. Séance artisanat et bijouterie pendant 2 heures. Nous repartons chacun avec un souvenir de la forêt amazonienne. René aura passé du temps pour aider Didi à confectionner son pendentif en lui rappelant qu’il sera un souvenir de lui et de la jungle. Séance émotion…

Les sacs sont bouclés, nous déjeunons et « The Artist » aura droit, dans la jungle - à 3h de pirogue de la civilisation - à un gâteau d’anniversaire !! Un bon gâteau de crêpes au chocolat ornée d’un superbe bougie de chandelier ! Belle surprise !!

A 14h30, nous quitterons notre « cabanas » avec regret pour suivre René pendant 40mn jusqu’à la pirogue. Chemin faisant, nous nous souvenons ensemble de ce que nous avons vécu ici, loin de tout. De nouveaux souvenirs engrangés… gravés pour toujours !

Dans le bateau, tous les cinq, nous savourons ce séjour. L’atmosphère est particulière et sereine. Nous sommes simplement bien. Le soleil descend, les couleurs des rives bordées d’arbres sont superbes. Encore quelques caïmans, tortues et oiseaux. La pirogue nous berce… et tout le monde s’assoupit un moment… peut-être en rêvant de la jungle ?

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« Victorinox »